L’IMMOBILIER à la baisse, les agences dans la tourmente (article du lundi 30 juin 2008)
IMMOBILIER. Les professionnels sont secoués par une baisse
des transactions de l’ordre de 25 % par rapport à 2007. Hausse du crédit,
baisse des prix : le retournement se confirme. Réactions dans la région
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Les agences immobilières
seront-elles toujours aussi nombreuses à la fin de l’année ? « Sur le bassin
d’Arcachon, beaucoup commencent à tirer la langue mais ne le disent pas.
Certaines se sont déjà séparées de leurs commerciaux pour raisons économiques »,
confie un professionnel.
« Les chiffres sont éloquents : 25 % de transactions en moins par rapport à
l’an dernier », assure Jean-Marie Duffoire, administrateur Fnaim en Gironde. «
C’est la même chose sur l’ensemble du territoire. »
Une vraie douche froide pour les professionnels de l’immobilier, après le bain
bouillonnant de ces dix dernières années : les agences se sont multipliées,
encouragées par une hausse des prix vertigineuse, dans un contexte de taux très
bas qui rendaient les transactions d’une facilité parfois déconcertante : «
J’ai connu de vrais moments de folie. On n’avait même plus de repères pour nos
estimations. On se souviendra de l’affaire des cabanes du Cap Ferret,
surévaluées, qui a provoqué une flambée artificielle du prix des villas », raconte
Véronique Mespezat, à L’Adresse d’Arcachon, l’une des 70 agences pour 13 500
habitants. « Aujourd’hui, c’est l’inverse. On se retrouve tous dans la même
galère. Je n’ai pas revu ça depuis la première guerre du Golfe, au début des
années 90. »
Moins 5 % chez les experts. « Le
marché atterrit. On verra dans six mois comment les agences ont résisté. Pour
s’en sortir, il va falloir convaincre les vendeurs de baisser leurs prix »,
assure Jean-Marie Duffoire. Dans le seul département de
La baisse pourrait être de 5 %. C’est du moins ainsi que les experts en
immobilier revoient actuellement les estimations pour les successions, les
donations ou l’impôt sur la fortune. « Le problème, pour nous, c’est que les
vendeurs ne veulent pas accepter la baisse », commente une agence de Biarritz,
découragée. « Et quand ils se ravisent, c’est sur la base des prix de 2007. Or,
en six mois, l’estimation a encore baissé. »
Blocage. Les acheteurs, eux,
scrutent la baisse. 150 000 euros les
Que va-t-il se passer après cette apnée dans l’immobilier ? « C’est la question
que tout le monde se pose ! », assure Véronique Mespezat, à Arcachon. Pour
certains, il est urgent de résister à la sinistrose : « Ce n’est pas en broyant
du noir que les choses vont s’arranger, sourit Eric Cabiollet, directeur de
l’agence Guy Hoquet, à Dax. Certes on ne devra pas rater un client ; au
deuxième semestre, il faudra aussi rappeler ses vendeurs pour faire baisser les
prix. Mais la situation n’est pas encore dramatique. Pour moi, c’est une baisse
plutôt artificielle entretenue par les annonces médiatiques à la suite de la
crise aux États-Unis et en Espagne. On ne vivra pas ça ici.
Écrémage naturel. Tout dépendra
aussi du marché local. « Des secteurs très prisés comme
Cette mauvaise passe a cependant des avantages : « Ceux qui sont là depuis
longtemps, qui travaillent avec méthode, n’ont pas de raisons de s’inquiéter.
Ils pourraient même se réjouir de l’écrémage naturel qui pourrait se produire.
Les agences qui ont ouvert par opportunisme ne sont pas prêtes à encaisser le
choc, explique Gilles Desvallois, à
« Le marché atterrit. On verra dans six
mois comment les agences ont résisté »
Leader en termes de transactions à
Reste cependant une inconnue de taille : le prix du pétrole. Son augmentation
constante pourrait contribuer à tirer le marché à la baisse en plombant le
portefeuille des ménages.
Priska Ducoeurjoly



